Depuis près de deux siècles, le verre Baccarat Harcourt traverse les époques sans perdre une once de son éclat. De Napoléon III jusqu’aux salons du Vatican, cette création emblématique de Baccarat symbolise l’excellence du cristal français. Un monument du savoir-faire lorrain, né au cœur de notre territoire, à quelques lieues des forêts et des verreries qui ont façonné l’âme de la Lorraine.
Harcourt 1841 : le cristal des puissants
Il suffit d’apercevoir sa silhouette pour le reconnaître immédiatement. Le verre Harcourt, créé en 1841, impose son style avec trois signatures devenues mythiques : un pied hexagonal, une jambe à triple bouton et une taille « à côtes plates » d’une élégance rare.
À l’origine, ce chef-d’œuvre portait le nom de « forme gondole à triple bouton ». Ce n’est qu’en 1925 qu’il adopte le prestigieux patronyme Harcourt, inspiré de l’illustre famille aristocratique normande. Depuis, le service Harcourt est devenu le porte-étendard de la Maison Baccarat. Un peu comme la madeleine de Proust du cristal français… mais version impériale.
Un verre né sous Louis-Philippe
Le modèle apparaît officiellement sous le règne de Louis-Philippe. À l’époque, il figure sur la planche n°30 du célèbre Tarif des cristaux taillés de la société Launay, Hautin et Company, distributeur parisien des créations Baccarat. Le service est alors présenté sous cette longue appellation typiquement XIXe siècle :
« Service de table forme gondole à triple bouton, taillé à côtes plates larges ». Toute une époque !
Son esthétique correspond parfaitement au goût des années 1835-1845 : des lignes plus sobres, des décors moins chargés et une mise en valeur des formes pures. Une révolution discrète dans l’univers des arts de la table.
Le verre Harcourt : une icône qui traverse les siècles
Inspiré d’un calice d’apparat commandé par Louis-Philippe et gravé d’un monogramme royal, le verre Harcourt reste aujourd’hui le plus ancien service de table encore fabriqué par Baccarat. Et le succès ne faiblit pas :
plus de dix mille verres Harcourt sont vendus chaque année.
La collection compte désormais une trentaine de références :
verres à vin,
coupes à champagne,
carafes,
brocs,
services à caviar…
Au XIXe siècle, posséder un service complet était un véritable symbole de prestige social. Aujourd’hui encore, Harcourt demeure associé à l’art de recevoir à la française.
Des empereurs aux designers contemporains
Le service Harcourt a accompagné les plus grandes tables du monde. Napoléon III l’appréciait particulièrement. Le Vatican l’a adopté. Et les designers contemporains continuent de le réinventer.
En 2005, le créateur Philippe Starck apporte ainsi sa vision moderne à cette légende du cristal, preuve qu’un classique peut traverser les siècles sans jamais devenir poussiéreux.
Car Harcourt n’est pas seulement un verre. C’est un morceau d’histoire française taillé dans le cristal.
Et quelque part, dans chaque éclat de lumière qui traverse ses côtes plates, on retrouve un peu de cette Lorraine verrière qui a illuminé le monde.
Le cristal : un symbole d’union et de transmission
Depuis le XIXe siècle, les services en cristal occupent une place privilégiée dans les listes de mariage. À une époque où l’on constituait son foyer pour toute une vie, recevoir un beau service de table représentait bien plus qu’un simple présent :
c’était le symbole d’un nouveau départ.
Verres, carafes et coupes accompagnaient alors les grands moments familiaux : Le cristal devenait ainsi le témoin silencieux des générations, présent de circonstances pour vos noces de cristal.
Dans les familles lorraines, où les arts du feu ont toujours tenu une place particulière, offrir une pièce Baccarat revenait presque à transmettre un héritage régional. Un peu comme offrir une part de notre histoire industrielle et artisanale.
